Permission et demandes avec دینا en ourdou
اجازت «دینا» اور درخواستیں
Cet article fait partie de l'arbre grammatical de ourdou sur Settemila Lingue.
En bref
Pour dire « laisser quelqu’un faire », l’ourdou emploie l’infinitif en ـنے suivi de دینا : مجھے جانے دو signifie « laisse-moi partir ». Pour demander une action, on trouve souvent ذرا (« un instant », utilisé pour adoucir) et une forme polie de دینا, par exemple ذرا بتا دیجیے (« dites-moi, s’il vous plaît »). La forme de دینا varie selon que l’on s’adresse à تو, تم ou آپ.
Vue d’ensemble
En français, on distingue généralement « laisser faire » et « demander de faire ». En ourdou, ces deux intentions se rencontrent souvent autour du verbe دینا, dont le sens premier est « donner ». Ce verbe peut garder son sens concret, comme dans کتاب دیجیے (« donnez le livre »), mais il peut aussi servir d’auxiliaire, c’est-à-dire de verbe qui complète un autre verbe et lui apporte ici une idée de permission, d’achèvement ou de service rendu.
Au niveau B1, l’essentiel est de reconnaître deux constructions différentes. Dans جانے دو, le premier verbe se termine par ـنے et la construction signifie « laisser partir ». Dans کر دو ou کر دیں, le premier verbe est réduit à son radical, sa partie de base, et l’ensemble sert à demander que l’action soit faite, souvent jusqu’au bout ou au bénéfice de quelqu’un.
Ce point prolonge directement les formes de l’impératif, c’est-à-dire les formes servant à donner une consigne ou à faire une demande. Le choix entre دے, دو, دیں et دیجیے n’est donc pas un simple choix de conjugaison : il indique aussi la relation avec l’interlocuteur. Comme en français avec « donne », « donnez » et des tournures telles que « pourriez-vous… », la situation et le ton comptent autant que les mots.
Fonctionnement
Accorder ou refuser une permission : infinitif en ـنے + دینا
La construction de base est :
personne autorisée + کو + infinitif en ـنے + forme de دینا
La personne qui reçoit la permission est marquée par کو. Avec les pronoms, میں + کو devient مجھے (« à moi, me ») et وہ + کو peut devenir اسے (« à lui, à elle »). Le verbe de l’action prend la forme en ـنے :
| Forme de base | Dans la construction | Sens |
|---|---|---|
| جانا | جانے دینا | laisser partir / permettre d’aller |
| کرنا | کرنے دینا | laisser faire |
| کھیلنا | کھیلنے دینا | laisser jouer |
| بولنا | بولنے دینا | laisser parler |
| سونا | سونے دینا | laisser dormir |
Il ne faut donc pas conserver la terminaison ـنا de la forme citée dans le dictionnaire. جانا devient جانے, puis on ajoute la forme appropriée de دینا.
La personne marquée par کو peut être omise lorsqu’elle est évidente. جانے دو peut ainsi vouloir dire « laisse-moi partir », « laisse-le partir » ou simplement « laisse tomber », selon le contexte. Pour éviter une ambiguïté, il vaut mieux nommer la personne : مجھے جانے دو, اسے جانے دو, علی کو جانے دو.
Choisir le degré de proximité ou de politesse
L’ourdou distingue couramment trois niveaux d’adresse. تو est très intime et peut paraître brusque ou insultant hors d’une relation appropriée. تم est familier ou neutre entre proches. آپ est respectueux et constitue le choix le plus sûr avec une personne inconnue, plus âgée ou placée dans une relation formelle.
| Interlocuteur | Permission avec « partir » | Valeur habituelle |
|---|---|---|
| تو | جانے دے | très intime, parfois rude |
| تم | جانے دو | familier ou direct |
| آپ | جانے دیں | poli et courant |
| آپ | جانے دیجیے | poli, explicite et plus cérémonieux |
دیجیے est une forme impérative respectueuse particulière de دینا. دیں est plus courte et très fréquente dans les demandes polies. Les deux conviennent avec آپ, mais l’intonation, le contexte et les mots d’adoucissement font varier l’effet réel.
Pour interdire la permission, on emploie souvent مت dans un ordre direct et نہ dans un registre plus retenu :
- اسے جانے مت دو۔ — Ne le laisse pas partir.
- بچوں کو باہر نہ جانے دیں۔ — Ne laissez pas les enfants sortir.
- مجھے بولنے دیجیے۔ — Laissez-moi parler.
Demander que l’on donne quelque chose
Quand دینا conserve son sens de « donner », la structure est simple :
objet + دے / دو / دیں / دیجیے
- قلم دو۔ — Donne le stylo.
- ذرا پانی دیجیے۔ — Donnez-moi un peu d’eau, s’il vous plaît.
- مجھے رسید دے دیں۔ — Donnez-moi le reçu, s’il vous plaît.
Le mot ذرا signifie littéralement quelque chose comme « un peu » ou « un instant ». Placé dans une demande, il l’adoucit : il ne se traduit pas toujours mot à mot et correspond souvent à « s’il vous plaît », « un instant » ou « juste ». Il ne transforme toutefois pas à lui seul une forme rude en demande respectueuse ; avec une personne que l’on vouvoie, il faut également choisir آپ et une forme comme دیجیے ou دیں.
Demander une action : radical + دینا
Une autre construction très courante associe le radical du verbe principal à دینا :
radical verbal + forme de دینا
Dans کر دیں, کر est le radical de کرنا (« faire ») et دیں est la forme respectueuse. Cette combinaison présente souvent l’action comme accomplie pour quelqu’un, menée à son terme ou réglée rapidement. Dans une demande, le français la rend naturellement par un impératif poli ou par « pourriez-vous… ? ».
| Construction | Traduction naturelle | Nuance fréquente |
|---|---|---|
| یہ لکھ دو۔ | Écris ceci. | demande familière, résultat attendu |
| دروازہ کھول دیں۔ | Ouvrez la porte, s’il vous plaît. | demande respectueuse |
| مجھے بتا دیجیے۔ | Dites-le-moi, s’il vous plaît. | information donnée à l’interlocuteur |
| بل ادا کر دیں۔ | Réglez la facture, s’il vous plaît. | action à achever |
La différence de forme est capitale :
- کرنے دیں = laissez faire / permettez de faire ;
- کر دیں = faites-le, s’il vous plaît.
Le premier verbe en ـنے signale donc la permission. Le radical seul devant دینا signale plutôt l’accomplissement demandé.
Adoucir davantage la demande
L’ourdou ne possède pas un unique mot qui corresponde exactement à tous les emplois du français « s’il vous plaît ». Plusieurs moyens peuvent se combiner :
- ذرا rend la demande moins abrupte : ذرا دروازہ کھول دیجیے ;
- براہ کرم convient surtout aux annonces, consignes et situations formelles : براہ کرم انتظار کیجیے ;
- مہربانی کرکے signifie littéralement « en faisant preuve de gentillesse » et introduit une demande polie ;
- مہربانی ہوگی (« ce serait aimable ») exprime une demande plus élaborée.
Une formule courte avec آپ et دیں peut déjà être parfaitement polie. Accumuler tous les marqueurs n’est pas nécessaire et peut produire un ton excessivement cérémonieux.
Exemples en contexte
| Ourdou | Français | Remarque |
|---|---|---|
| مجھے جانے دو! | Laisse-moi partir ! | Permission demandée à تم ; ton direct. |
| بچوں کو کھیلنے دو۔ | Laisse les enfants jouer. | بچوں کو nomme ceux qui reçoivent la permission. |
| اسے اپنی بات مکمل کرنے دیں۔ | Laissez-le terminer ce qu’il a à dire. | Forme respectueuse avec دیں. |
| مجھے پہلے جواب دینے دیجیے۔ | Permettez-moi de répondre d’abord. | Demande polie de prendre la parole. |
| بچے کو سونے دو۔ | Laisse l’enfant dormir. | سونا devient سونے. |
| اسے اکیلے مت جانے دو۔ | Ne le laisse pas partir seul. | Défense directe avec مت. |
| ذرا وہ کتاب دیجیے۔ | Donnez-moi ce livre, s’il vous plaît. | دینا garde son sens de « donner ». |
| ذرا کھڑکی کھول دیں۔ | Ouvrez la fenêtre, s’il vous plaît. | Demande polie, naturelle au quotidien. |
| مجھے راستہ بتا دیجیے۔ | Indiquez-moi le chemin, s’il vous plaît. | بتا دینا présente l’information comme donnée. |
| یہ کام کر دیں، مہربانی۔ | Faites ce travail, s’il vous plaît. | Formule elliptique ; مہربانی renforce la courtoisie. |
| میرا فارم بھر دیں گے؟ | Vous pourriez remplir mon formulaire ? | Question au futur employée comme demande indirecte. |
| براہ کرم یہاں دستخط کر دیجیے۔ | Veuillez signer ici. | Registre administratif ou très formel. |
| فکر نہ کرو، اسے جانے دو۔ | Ne t’inquiète pas, laisse tomber. | Selon le contexte, جانے دو signifie aussi « laisse tomber ». |
Erreurs fréquentes
Employer ـنا au lieu de ـنے pour la permission
- Incorrect : مجھے جانا دو۔
- Correct : مجھے جانے دو۔
- Pourquoi : devant دینا au sens de « laisser faire », l’infinitif prend la forme en ـنے : جانا → جانے.
Confondre « laisser faire » et « faire »
- Incorrect pour « laissez-moi faire » : مجھے کر دیں۔
- Correct : مجھے کرنے دیں۔
- Pourquoi : کر دیں demande à l’interlocuteur de faire l’action. کرنے دیں demande la permission de la faire soi-même.
Oublier کو devant la personne autorisée
- Incorrect ou peu clair : بچے کھیلنے دو۔
- Correct : بچوں کو کھیلنے دو۔
- Pourquoi : la personne que l’on laisse agir est normalement marquée par کو. Le nom prend alors sa forme oblique, c’est-à-dire la forme employée devant une postposition : بچے → بچوں کو.
Utiliser une forme trop familière avec آپ
- Incorrect : آپ مجھے جانے دو۔
- Correct : آپ مجھے جانے دیں۔ ou آپ مجھے جانے دیجیے۔
- Pourquoi : دو correspond à تم. Avec آپ, on choisit normalement دیں ou دیجیے.
Croire que ذرا garantit toujours la politesse
- Mal adapté à un supérieur : ذرا یہ کر دے۔
- Mieux : ذرا یہ کر دیجیے۔
- Pourquoi : ذرا adoucit la demande, mais دے reste une forme en تو. La relation sociale doit aussi apparaître dans la forme verbale.
Traduire chaque دینا par « donner »
- Traduction trompeuse : دروازہ کھول دیں = « donnez l’ouverture de la porte ».
- Traduction naturelle : دروازہ کھول دیں۔ = « Ouvrez la porte, s’il vous plaît. »
- Pourquoi : après le radical d’un autre verbe, دینا peut ajouter une nuance d’achèvement ou de service rendu sans se traduire séparément.
Remarques d’usage
Le français s’appuie beaucoup sur le conditionnel pour atténuer une demande : « pourriez-vous fermer la porte ? ». L’ourdou peut employer une question comparable, par exemple دروازہ بند کر دیں گے؟ (« vous fermerez la porte ? » au sens pragmatique de « pourriez-vous fermer la porte ? »), mais une forme avec آپ, ذرا et دیں est souvent déjà suffisamment courtoise. Il faut éviter de chercher une correspondance mot à mot avec « s’il vous plaît ».
دیجیے et دیں sont tous deux respectueux. دیجیے rend l’acte de donner, ou l’auxiliaire دینا, particulièrement visible ; دیں est plus bref et très courant. Dans certains échanges, دیجیے peut paraître plus soigné, tandis que دیں semble plus conversationnel. Ce ne sont toutefois pas des catégories rigides : la voix, le contexte et les autres mots modifient le registre.
La forme en تو, comme دے, n’est pas simplement l’équivalent français de « tu ». Elle peut exprimer une grande intimité, par exemple entre proches, mais aussi le mépris ou la colère. Un francophone qui tutoie facilement ne doit donc pas automatiquement choisir تو. تم convient à de nombreuses relations familières, et آپ reste le choix prudent lorsqu’on hésite.
Enfin, le bénéficiaire de la demande n’est pas toujours exprimé. Dans یہ لکھ دیں, le contexte suffit pour comprendre à qui le service est rendu. Si l’on veut le préciser, on peut ajouter میرے لیے (« pour moi ») : یہ میرے لیے لکھ دیں.
Pour aller plus loin
La construction radical + دینا appartient à un ensemble plus large de verbes composés de l’ourdou. Le second verbe, parfois appelé verbe vecteur (un verbe qui colore le déroulement ou le résultat de l’action), perd une partie de son sens concret. Avec دینا, l’action est souvent orientée vers l’extérieur, accomplie pour autrui ou présentée comme achevée : لکھ دینا « écrire et remettre / écrire complètement », بھیج دینا « envoyer sans laisser l’action en suspens », بتا دینا « informer, faire savoir ».
Cette nuance ne se réduit pourtant pas toujours à « pour quelqu’un ». Le contexte décide si دینا souligne le résultat, la rapidité, la disponibilité à rendre service ou simplement une tournure idiomatique. À un niveau avancé, il est utile de comparer دینا avec لینا, qui peut orienter l’action vers le sujet ou son intérêt : میں لکھ دوں؟ (« je l’écris pour vous ? ») face à میں لکھ لوں؟ (« est-ce que je le note pour moi ? »).
La permission peut aussi être formulée autrement. اجازت دینا signifie littéralement « donner la permission » et convient à un registre explicite ou administratif : کیا آپ مجھے اندر آنے کی اجازت دیں گے؟ (« Me permettrez-vous d’entrer ? »). La construction آنے دیں est plus compacte et plus courante dans une interaction immédiate. À l’inverse, جانے دو a développé un emploi idiomatique : selon le contexte, il peut vouloir dire non seulement « laisse partir », mais aussi « laisse tomber » ou « oublions cela ».
Dans une proposition au subjonctif — une forme qui présente ici une action souhaitée ou envisagée — دوں et دیں servent également à offrir ou suggérer une action : میں دروازہ کھول دوں؟ (« J’ouvre la porte ? ») ; ہم اسے بولنے دیں؟ (« On le laisse parler ? »). Ces questions montrent que la même famille de formes sert à négocier poliment qui fera quoi, et pas seulement à donner des ordres.
Conseils pratiques
- Travaillez par paires contrastées. Répétez کر دیں (« faites-le ») puis کرنے دیں (« laissez faire »), avec cinq verbes courants : بولنا, لکھنا, کھولنا, جانا et سونا. Cette opposition fixe la différence entre radical et forme en ـنے.
- Transformez une même demande selon l’interlocuteur. Partez de دروازہ کھولنا et produisez کھول دے, کھول دو, کھول دیں, puis ذرا دروازہ کھول دیجیے. Imaginez à chaque fois une relation réelle afin d’associer la grammaire au registre.
- Écoutez les combinaisons, pas seulement le mot دینا. Dans des dialogues, notez ce qui précède دو, دیں ou دیجیے. Une forme en ـنے indique souvent la permission ; un radical comme کر, بتا ou کھول signale plutôt une action à accomplir.
Notions liées
- Prérequis : Formes de l’impératif — pour choisir entre les niveaux d’adresse تو, تم et آپ, ainsi que leurs formes négatives.
Prérequis
L’impératif en ourdouB1Plus de concepts de niveau B1
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